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2016, année la plus chaude jamais enregistrée

Même si une vague de froid traverse l’Europe en cette mi-janvier 2017, jamais depuis les premiers relevés de température en 1880, l’atmosphère n’a été aussi chaude qu’en 2016, ont annoncé chacune de leur côté la Nasa et la NOAA. C’est la troisième année consécutive que le record de température globale est battu. La tendance au réchauffement climatique sur le long terme se confirme.
 
Ce mercredi 18 janvier, la Nasa et la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) ont annoncé les résultats de leurs bilans annuels, qu'ils réalisent indépendamment, concernant la température moyenne globale. Comme on pouvait s'y attendre, 2016 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée. C'est la troisième année consécutive qu'un record est battu. Cinq records ont été enregistrés depuis le début du XXIe siècle.
 
Si l'on se réfère à la moyenne des températures mondiales relevée entre 1951 et 1980 (une moyenne déjà plus élevée que celle du début du XXe siècle), 2016 a été plus chaude de 0,99 °C. « Nous ne nous attendons pas à des records chaque année, mais la tendance au réchauffement sur le long terme est claire » a déclaré Gavin Schmidt, le directeur du GISS, l'Institut Goddard d'études spatiales de la Nasa.
 
Durant 2016, huit des douze mois de l'année les plus chauds furent consécutifs, de janvier à septembre, à l'exception de juin. Le phénomène naturel El Niño (réchauffement des eaux de surface sur la ceinture équatoriale du Pacifique), surtout actif en 2015, a contribué pour 0,12 °C à la température moyenne de 2016, au cours d'un tiers de l'année.
 
La Nasa et la NOAA ont conduit deux études indépendantes à partir des données engrangées par les 6.300 stations météo réparties dans le monde, ainsi que des bouées et des bateaux qui ont mesuré les températures de l'eau dans toutes les mers et les océans, au fil des mois. Naturellement, la moyenne des températures d'une région à l'autre peut être différente. Pour les États-Unis par exemple, 2016 fut la seconde année la plus chaude. Des régions enregistrent des anomalies de températures négatives par rapport à la moyenne mondiale durant certaines périodes et d'autres, des anomalies positives. Mais comme le montre l'animation de la Nasa ci-dessus, la montée de fièvre est générale ces dernières années (à voir et à écouter aussi ici, très éloquent, l'élévation des températures traduites en musique par des chercheurs de l'université de Washington).
 
Du côté de l'Arctique, la situation est inquiétante. Des records de chaleur en été, mais aussi en hiver ont conduit à un amincissement record de la banquise. Par ailleurs, une récente étude a révélé qu'à l'échelle globale, la superficie totale de toutes les glaces de mer n'était que de 10,1 millions de km2... Du jamais vu depuis les premières observations par satellite, il y a 39 ans (voir le graphique des étendues de glace de mer mesurées depuis 1978 ici).
 
Depuis les premiers relevés de température en 1880, l'atmosphère terrestre s'est réchauffée de 1,1 °C. Rappelons que l'accord de Paris a pour objectif (intenable) de limiter à 2 °C la hausse des températures globales. Pour cela, les nombreux pays qui l'ont ratifié s'engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone en tête), principale cause du changement climatique.
 
Les premiers résultats publiés pour l'année qui vient de s'achever montrent que, de nouveau, un record absolu de température globale moyenne a été battu. L'élévation a été forte pour les terres émergées, mais c'est l'océan mondial, plus précisément ses eaux de surface, qui a connu une valeur jamais mesurée.
 
La NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) et le Giss (Goddard Institute for Space Studies), dépendant de la Nasa, viennent, dans une conférence de presse commune, d'annoncer les résultats de leurs suivis du climat. Selon eux, l'année 2014 établit un nouveau record de températures depuis 1880, début des relevés généralisés.
 
La moyenne pour les terres et les océans serait de 0,69 °C plus élevée que la moyenne du vingtième siècle, soit un petit 0,04 °C de plus que le précédent record détenu à égalité par les années 2005 et 2010 (données NOAA). La hausse des températures est d'abord due à celle des terres émergées, avec +1,00 °C, contre +0,57 °C pour les eaux de surface des océans. Toutefois, l'anomalie pour les terres se classe quatrième pour la période 1880-2014 et celle des océans est un record absolu. Rappelons que l'année 2013 se classait quatrième selon la NOAA et la Nasa, et que, parmi les dix années les plus chaudes, neuf sont postérieures à 2000.
 
Les disparités régionales sont notables, mais le rapport note que les plus fortes hausses se répartissent un peu partout sur le Globe : est de la Russie et ouest de l'Alaska, ouest des États-Unis, quelques régions d'Amérique du Sud, la plus grande partie de l'Europe et l'Afrique du Nord, zones côtières à l'est et à l'ouest de l'Australie, la plus grande partie du nord-est du Pacifique et des régions centrales et ouest de cet océan au niveau de l'équateur, vastes secteurs nord-ouest et du sud-est de l'Atlantique, la plus grande partie de la mer de Norvège et une partie de l'océan Indien.
 
D'autres organismes, comme le Berkeley Earth, publient eux aussi des statistiques sur les relevés de températures et les valeurs ou les classements diffèrent parfois. On attend les résultats obtenus par le Met Office Hadley Centre, pris en compte, comme ceux de la NOAA et de la Nasa, par l'OMM (Organisation météorologique mondiale). La NOAA et la Nasa ont tiré les premiers pour l'année 2014 et les chiffres de l'OMM pourraient être différents. Les records absolus de mai, juin, août et décembre 2014 (données de la NOAA), pour les comparaisons mois à mois, incitent à penser qu'ils seront sans doute très similaires.
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