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Michel Field, le patron de l'info de France Télé, répond à des enseignants après l'interview de François Fillon

Michel Field, le patron de l'info de France Télé, répond à des enseignants après l'interview de François Fillon
A la suite de l'interview de François Fillon dimanche dernier dans le JT de 20h de France 2, présenté par Laurent Delahousse, dix enseignants ont écrit une lettre adressée à Michel Field, le directeur de l'information de France Télévisions.
 
"Nous tenons à vous faire part de notre inquiétude quant aux manquements à la déontologie dont ce journaliste a fait preuve et leurs conséquences sur notre travail auprès des jeunes", écrivent-ils.
 
Et d'ajouter : "Une des difficultés de notre métier est de donner aux élèves les outils pour identifier et déconstruire les scénarios complotistes afin qu’ils prennent leurs distances avec. Nous attendons du service public de l’audiovisuel qu’il nous aide dans cette démarche, et au moins qu’il ne renforce pas l’état d’esprit qui aboutit à ces thèses".
 
Les signataires l'ont notamment alerté sur une question posée par Laurent Delahousse concernant le "Penelopegate" : "Avez-vous une idée de qui a orchestré tout cela ?".
 
"Que François Fillon préfère nourrir l’idée d’une conspiration contre lui plutôt que de présenter les preuves éventuelles du travail effectif de sa femme et de ses enfants est à la limite compréhensible – à défaut d’être très convaincant.
 
Mais qu’un journaliste, tenu à une déontologie encore plus stricte quand il fait partie du service public, entretienne auprès du public par la formulation même des questions qu’il pose l’idée que le travail de la justice, quand il concerne des responsables politiques, serait orchestré par un esprit malin travaillant dans l’ombre, voilà qui est inacceptable", précisent les enseignants.
 
Aujourd'hui, Michel Field a tenu à répondre à leur lettre.
 
J'ai lu avec beaucoup d'attention la lettre collective que vous m'avez adressée, manifestant votre émoi devant ce que vous jugez être une concession du service public aux thèses "complotistes" lors de l'interview de François Fillon par Laurent Delahousse dimanche soir sur France 2.
 
Je comprends d'autant mieux les attendus de votre démarche que le service public les partage et en a fait un aspect essentiel de son offre éditoriale : voilà pourquoi il s'est vigoureusement engagé, dans tous ses rendez-vous d'information, contre les rumeurs, les "fake", les manipulations de l'opinion.
 
Chaque jour, nos rédactions apportent leur expertise dans l'examen approfondi et critique des propos ou propositions des responsables politiques, syndicaux ou économiques.
 
Chaque jour, dans "L'Oeil du 20h"ou "Ce qui fait débat" dans le 20h de France 2, ou dans "L'instant détox" sur France Info: -pour ne citer que trois exemples parmi tant d'autres- nous aidons au décryptage de l'actualité et à l'appel au sens critique des téléspectateurs qui sont d'abord pour nous des citoyens ou des futurs citoyens.
 
C'est une mission essentielle du service public, et les rédactions qui travaillent sous mon autorité y contribuent sans cesse.
 
Depuis Dimanche, "Le train de la présidentielle" sillonne la France et ouvre aux scolaires des éléments historiques de réflexion sur les rapports entre politique et télévision. C'est dire si le service public n'oublie jamais sa mission d'éducation aux médias pour le jeune public.
 
Pour en revenir à ce qui a causé votre émotion et votre protestation, je crois sincèrement que vous faites un mauvais procès au présentateur du JT.
 
Quand il évoque le thème de la machination, il ne fait que reprendre des arguments inlassablement répétés par son interlocuteur pour lui demander d'en désigner les éventuels investigateurs.
 
La non-réponse à sa question neutralise de fait cette hypothèse. Sans doute aurait-il pu être plus explicite en soulignant qu'il reprenait là un thème récurrent du candidat et qu'en aucune façon il ne le reprenait à son compte.
 
Mais de là à affirmer que cette séquence discrédite le travail d'éveil au sens civique mené par les enseignants, l'assertion me semble bien excessive et, une nouvelle fois, très injuste pour ce journaliste et, plus largement, pour les rédactions du service public.
 
Mais notre désaccord peut être fécond. Si vous voulez vraiment en faire un cas d'école, pourquoi ne pas procéder devant vos élèves à l'analyse critique de cette séquence, afin de sensibiliser votre jeune auditoire à la vigilance constante qu'il convient d'avoir devant la "mediapolitique" et aux ambiguïtés qu'elle peut parfois involontairement véhiculer?
 
Nous sommes les premiers à exercer un esprit critique sur notre propre travail, et n'en attendons pas moins de nos téléspectateurs.
 
Source JMM

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