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Les 11 candidats débattent mardi, une première avant un premier tour

Les 11 candidats débattent mardi, une première avant un premier tour

Exercice inédit avant un premier tour, les onze candidats à la présidentielle débattront mardi soir sur BFMTV et CNews, avec le souci d’éviter «la foire d’empoigne», et peut-être pour la seule fois, car un débat le 20 avril sur France 2 ne fait pas l’unanimité.

A 19 jours du scrutin, ce «grand débat» est le «rendez-vous indispensable de la campagne», a vanté cette semaine Alain Weill, directeur général de SFR Média, propriétaire de BFMTV. Ce sera le premier avec tous les candidats d’un premier tour, après un débat entre les cinq favoris des sondages le 20 mars sur TF1, regardé par plus de 10 millions de personnes.

Devant 220 personnes, essentiellement leurs proches, les candidats seront interrogés sur trois thèmes : «comment créer des emplois», «comment protéger les Français» et «comment mettre en oeuvre votre modèle social». Animé par Ruth Elkrief et Laurence Ferrari, «Le Grand Débat» durera 3 heures 30, à partir de 20H40, avec une coupure publicitaire.

A chaque question, les prétendants à l’Elysée auront 1 minute 30 pour répondre et pourront s’interpeller. Chacun aura 1 minute d’introduction et 1 minute de conclusion. Les débatteurs seront disposés en arc de cercle autour des deux journalistes, allant de François Fillon à l’extrémité gauche à François Asselineau à l’extrémité droite. Les candidats parleront en tout un gros quart d’heure chacun.

A la demande d’une majorité des candidats, les téléphones portables seront proscrits.

Pour les principaux candidats, le week-end était chargé en meetings : François Fillon en Corse, Emmanuel Macron à Marseille, Benoît Hamon à la Réunion samedi; Marine Le Pen à Bordeaux et Jean-Luc Mélenchon à Châteauroux dimanche. Mais la perspective du débat est présente dans les esprits. Le candidat d’En Marche! «travaille à être concis», dit un proche d’Emmanuel Macron. «Il sait qu’à onze», le temps sera compté, glisse-t-il. Benoît Hamon «crain(t) qu’on n’en sorte un peu frustré», disant sur Radio J dimanche ne pas savoir «ce que ça va donner à onze». François Fillon «ne change rien à la préparation habituelle. Travail minutieux à partir de fiches sur les concurrents, repos, concentration. Pour le reste, il maîtrise ses dossiers de fond», affirme son entourage.

Marine le Pen «se prépare avec sérieux comme toujours. Mais elle est prête, ça fait 15 mois qu’elle se prépare», selon Jean-Lin Lacapelle, secrétaire général adjoint du FN. Quant à Nicolas Dupont-Aignan, «je viendrai comme je suis, avec mes convictions. Le mieux, c’est d’aller marcher au grand air et d’être soi-même», a dit le candidat Debout la France sur BFMTV. M. Mélenchon a exprimé son «scepticisme» mardi sur son blog. «Nous serons 11 participants ! Pour 15 minutes de temps de parole» chacun, note le candidat de La France Insoumise.

«On n’est pas là pour une foire d’empoigne à onze, ce serait catastrophique», a jugé Alain Weill, «il faut que tous en aient conscience, notamment ceux que l’on peut appeler les petits candidats». Une allusion à Nathalie Arthaud, François Asselineau, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle ou Philippe Poutou. «Si tout partait en vrille, ce ne serait bon pour personne. C’est de l’intérêt de tous se mettre au niveau d’un débat présidentiel», dit-il avant d’assurer que le débat sera «sans surprise et sans comique à la fin», car «ce n’est pas un spectacle».

La polémique a surtout porté ces derniers jours sur le second débat prévu le 20 avril, soit trois jours avant le premier tour et 24 heures avant la période de réserve précédant le scrutin. Cette date si proche empêcherait, selon le Conseil supérieur de l’audiovisuel, un candidat de se défendre si une nouvelle polémique électorale devait émerger. MM. Mélenchon et Macron ont fait défection, entraînant des doutes de M. Fillon. Le FN a réclamé que les «conditions de la loyauté, de la neutralité soient réunies».

La date du 20 avril a néanmoins été confirmée par France 2, faute de consensus sur une autre. Une «écrasante majorité» des onze postulants ont donné leur aval, selon Michel Field, directeur de l’information de France Télévisions. «Il faut que toutes les occasions d’y voir clair pour les électeurs, dans cette campagne un peu confuse, soient permises», a plaidé dimanche M. Hamon.

Source Le Courrier Picard

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