Comment les séries françaises rivalisent enfin avec leurs rivales américaines - Les Infos Videos
Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les Infos Videos

Les Infos Videos

Le meilleur des Infos et des videos du moment. Retrouvez toutes les news 24h/24 et 7j/7.

Comment les séries françaises rivalisent enfin avec leurs rivales américaines

Comment les séries françaises rivalisent enfin avec leurs rivales américaines
Les séries télé françaises tiennent en haleine des millions de spectateurs et battent les records d’audience de leurs rivales américaines. Devenues un enjeu culturel majeur, elles auront bientôt leur festival à Lille. Deux des maîtres de ce genre en pleine mutation nous expliquent pourquoi elles nous rendent accros.
 
Son nom figure discrètement au générique de « Cherif », dont la 4e saison diffusée récemment sur France 2 a réuni en moyenne 5 millions de téléspectateurs. Pourtant c’est lui qui a co-créé la très sympathique série policière qui cartonne depuis 2013 sur France 2 : Lionel Olenga exerce la profession encore rare en France de showrunner. Biberonné aux séries télé de son enfance, cet ancien douanier originaire d’Amiens nous explique comment il contribue à dépoussiérer le genre en France.
 
«J’ai grandi avec “Columbo”, “Le Saint”, “L’Homme qui tombe à pic”... Ces héros se sont substitués à mon père absent. L’idée de créer une série m’a toujours titillé », explique Lionel Olenga, dont on ne peut s’empêcher de noter la ressemblance avec son personnage de fiction, l’espiègle capitaine de police Kader Chérif – flic passionné, charmeur qui roule en Peugeot vintage et cite les séries des années 70-80 et dont la faille est... un père absent. Un héros positif qui a séduit sa coéquipière, la capitaine Adeline Briard, mais aussi France 2 qui recherchait un programme « fait maison » en résonance avec des problématiques avec notre époque : « Comme tous les enfants d’exilés, la question identitaire se pose, mais à travers les provocations de sa fille ado qui le renvoie à ses propres contradictions... » Lionel Olenga prépare la saison 5 de Chérif (à voir l’an prochain).
 
Les succès d’audience des séries made in France ne doivent rien au hasard : à travers ces programmes de plus en plus ambitieux, les chaînes de télévision, aiguillonnées par les nouveaux diffuseurs (plateformes de visionnage en ligne comme Netflix), essaient de se démarquer. « Alors que la plupart des séries américaines diffusées par les chaînes de télé françaises (“Les Experts”) proposent des épisodes bouclés, qui ont leur propre unité, les nouvelles séries type “Chefs” ou “Les Témoins” ont une intrigue feuilletonnante, qui se développe savamment tout au long d’une saison, explique Lionel Olenga. Cette intrigue crée l’addiction. »
 
« On ne joue pas dans la même cour que les Américains !, prévient Lionel Olenga. Leur système repose notamment sur le showrunner, qui cumule les rôles de super-scénariste et de producteur exécutif. Il est l’âme de la série et s’appuie sur des équipes de scénaristes (jusqu’à une dizaine de binômes !) phosphorant à partir de la bible (l’ADN de la série et de ses personnages) qu’il a rédigée », explique Lionel Olenga. « En France, on est encore peu d’hommes-orchestre qui jouent les showrunners mais on s’en inspire pour créer un modèle français qui veut plaire au plus grand nombre pour faire de l’audience tout en faisant le pari risqué de projets innovants… »
 
« Celui qu’on a envie de suivre ! », répond sans hésiter Lionel Olenga. Désormais l’histoire d’une série tient plus aux personnages qu’à l’action : « Ils ne sont plus ballottés par le récit, ce sont eux qui le portent : l’intrigue – généralement une énigme judiciaire à résoudre – et la vie privée du personnage s’entremêlent pour construire un épisode. » Lionel Olenga l’avoue : « La clé, c’est de confronter des personnages – presque – ordinaires à des situations exceptionnelles en se posant cette question : si c’était moi en mieux, en plus courageux, en plus drôle, qu’est-ce que je ferais ? »
 
« Avant, quand Starsky et Hutch se prenaient une balle, ils étaient en pleine forme dans l’épisode suivant ! Aujourd’hui, chaque action a des conséquences, aucune scène n’est gratuite : même sa manière de prendre son petit-déjeuner dit quelque chose du héros, décortique Lionel Olenga. Plus on avance dans la série, plus le personnage est confronté à son passé, à des tests moraux, plus on fait monter les enjeux. »
 
En clair : les spectateurs éprouvent toutes les émotions possibles, sauf l’ennui. « Les personnages nous donnent des petites leçons de vie de manière plus ou moins subliminales : on ne donne pas de solutions, mais on traduit les dilemmes psychologiques qui se posent à chacun d’entre nous : “et moi, je ferais quoi ?” »
 
Suivre une série, c’est comme retrouver un ami, un voisin : rassurantes et familières, les séries françaises gagnent aussi en réputation. Avec des scénarios de plus en plus plus élaborés et des productions plus qualitatives, elles attirent désormais des têtes d’affiche et des réalisateurs venus du cinéma : réalisée en partie par Cédric Klapisch, la série « Dix pour cent » diffusée sur France 2 aimante les stars qui jouent leur propre rôle avec dérision (Line Renaud, Isabelle Adjani...).
 
M6 revient depuis janvier aux fictions maison avec Charles Berling dans « Glacé » (4 millions de téléspectateurs en moyenne). Après avoir enflammé « Un Village français » durant 7 saisons, Audrey Fleurot a porté la saison 2 des « Témoins », série de France Télévisions tournée dans la région.
 
Croisera-t-on Kevin Spacey, alias président Underwood (House of Cards), à Lille en juin 2018 ? Réunir acteurs, auteurs et producteurs de séries est l’ambition du festival mondial qu’accueillera la région. Cannes et Paris ont aussi voulu leurs rendez-vous - signe que l’enjeu va désormais bien au-delà du divertissement...
 
Regarder une saison entière, c’est passer une heure par semaine avec des personnages: on noue une vraie relation avec eux! « On éprouve un vrai attachement émotionnel parce qu’on projette dans le monde réel les sentiments qu’il véhicule. On se sent moins seul, on se sent compris. Ils dopent notre sentiment d’appartenance et notre confiance en soi », explique la psynariste Violaine Bellet.
 
Même s’ils ont un caractère parfois atroce (Frank Underwood dans House of Cards...) ? « Ils nous fascinent parce qu’ils nous font fuir la banalité en même tant qu’ils nous attirent en nous rappelant nos propres peurs, nos doutes, notre part maudite. Poussées à l’extrême, les difficultés rencontrées par les personnages se transforment en soupape de décompression pour le téléspectateur. Dans une société peu tournée vers l’empathie, c’est une vraie nécessité ! »
 
Des mythologies antiques à Dallas, des tragédies de Racine au Village français, les mêmes ressorts agissent : « C’est une sorte de catharsis moderne : on se purge de ses émotions négatives en vivant celles des personnages. Pleurer devant une série est donc normal et même bon pour notre santé mentale ! »
 
Suivre une série, c’est comme retrouver un ami, un voisin : rassurantes et familières, les séries françaises gagnent aussi en réputation. Avec des scénarios de plus en plus plus élaborés et des productions plus qualitatives, elles attirent désormais des têtes d’affiche et des réalisateurs venus du cinéma : réalisée en partie par Cédric Klapisch, la série « Dix pour cent » diffusée sur France 2 aimante les stars qui jouent leur propre rôle avec dérision (Line Renaud, Isabelle Adjani...).
 
M6 revient depuis janvier aux fictions maison avec Charles Berling dans « Glacé » (4 millions de téléspectateurs en moyenne). Après avoir enflammé « Un Village français » durant 7 saisons, Audrey Fleurot a porté la saison 2 des « Témoins », série de France Télévisions tournée dans la région.
 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article