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Le Havre, d'où vient ton nom ?

La rédaction du Figaro vous propose de redécouvrir chaque semaine l'origine du nom des métropoles françaises. Aujourd'hui, il est question de la porte océane, bien nommée Le Havre.
 
Cinq cents ans. Voilà un anniversaire qui se fête pour la ville amarrée entre terre et ciel! Ancienne cité royale, berceau des plus grands écrivains de notre beau pays, de Madeleine de Scudéry à Raymond Queneau en passant par Bernardin de Saint-Pierre et Casimir Delavigne, la «porte défensive de Paris» s'impose comme l'un des principaux ports de France, après Marseille.
 
Le Havre. Cité sans nulle autre pareille, ville aux milles cheminées, autrefois nommée François-de-Grâce... La métropole océane possède mille et une histoires. Mais pourquoi Le Havre se nomme-t-elle Le Havre?
 
Remontons un instant le cours du temps. Nous sommes en 1517. Le monde vient tout juste d'entrer dans une nouvelle ère: celle des Grandes Découvertes. Quelques années auparavant, Christophe Colomb révélait aux yeux du monde un nouveau continent baptisé Amérique tandis que Vasco de Gama, franchissait le cap mortel des Tempêtes (aujourd'hui celui de Bonne-Espérance) et exhibait maints trésors de Calicut, en Inde. Les grandes puissances prennent conscience de la haute valeur économique, stratégique et militaire des océans. Devenir le maître des eaux, c'est non seulement prendre la tête des routes maritimes mais prendre possession de tout ce qui en dérive, tels les métaux précieux pour les Espagnols et les épices, le poivre et la cannelle pour les Portugais.
 
Ainsi que l'annonçait le pape Alexandre Borgia en 1493, le monde se divise alors entre les mains des Portugais et des Espagnols. Car, à cette époque, si la France sort victorieuse de la grande bataille terrestre de Marignan, celle-ci accuse toutefois un retard sur les océans. En 1517, tel que nous le rappelle brillamment Michel Vergé-Franceschi, professeur d'Histoire moderne à Tours dans son livre Le Havre a 500 ans, François Ier, alors dans le Milanais, se rend compte que «la Bretagne, n'est pas là lui. Brest, Nantes, Saint-Malo appartiennent à un duché étranger au royaume de France. [...] Le roi-chevalier, éloigné de la Provence, n'a véritablement que deux côtes qui lui permettent d'ouvrir son royaume terrien, riche, peuplé et fertile, sur le monde océanique: le Poitou, la Charente, l'Aquitaine, et, plus au nord, la Normandie.»
 
Mais n'y voyons pas là, la gestion catastrophique du royaume de France ! Car, face à son rival espagnol Carlos Ier, François Ier est «en état de grâce». Sa victoire à Marignan, sa négociation d'un concordat avec le pape Léon X l'érigeant bientôt en «maître de l'Église gallicane» et la nomination de Léonard de Vinci au titre de «premier peintre, ingénieur et architecte», le font déjà entrer dans la légende, ainsi que le note Jean-Baptiste Gastinne, docteur en histoire de l'Université Paris IV Sorbonne dans son ouvrage Le Havre, un rêve de la renaissance. François Ier sait que pour asseoir son pouvoir dans l'Histoire, il est nécessaire de le fixer dans la pierre.
 
Alors, tandis que le roi se rêve à créer la cité idéale et que son royaume subit la menace de deux nouveaux ports: Portsmouth et Plymouth fondé par le Tudor, Henry VIII, François Ier ordonne par une lettre de commission à l'amiral de France Bonnivet, le 5 février 1517, la construction d'un havre. L'objectif ? En faire la «porte (défensive) de Paris» et un lieu capable de «tenir en seureté les navires et vaisseaulx de nous et nos subjets navigans en la mer océane». Bref un «havre de paix». Ainsi était créé l'ancêtre de notre ville du Havre !
 
Pour établir ce nouvel «abri», ce nouveau «havre», bref ce nouveau «port», François Ier désigna le lieu-dit de Grâce. Une petite crique abritée des tempêtes et de la houle qui aura la particularité d'avoir une marée haute propice aux appareillages. Mais pas que ! Elle sera aussi, du fait de sa chapelle baptisée Notre-Dame de Grâce, le lieu où les pêcheurs et les marins pourront «rendre grâce» pour ce «Havre» protecteur. Ainsi la nouvelle crique habitée se nommera-t-elle «bassin du Roy» lors de l'urbanisation de la cité dans les années 1540, mais aussi «Havre-de-Grâce» et «François-de-Grâce». Le nom du Havre a pour sa part tout naturellement dérivé de son écosystème et de son passé historique il y a quelque trois siècles.
 
Voilà le fin mot de notre histoire !

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