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Dordogne : Les travaux du contournement de Beynac suspendus par le Conseil d'État

Dans l'un des plus beaux villages de France, un projet routier fait polémique depuis plusieurs années. La plus haute juridiction administrative a jugé que les travaux, lancés en février, conduisent à «la destruction de l'habitat d'espèces protégées».
 
Une route de la colère au cœur du Périgord noir. Alors qu'élus et administrés s'opposent depuis plusieurs années sur un projet de contournement routier de la cité médiévale de Beynac-et-Cazenac (Dordogne), le Conseil d'État a ordonné, ce vendredi, la suspension des travaux lancés en février dernier, selon l'ordonnance consultée par Le Figaro. Les opposants, notamment d'anciens militants de Notre-Dame-des-Landes qui jugent que ce projet risque de «défigurer la vallée de la Dordogne», se sont félicités de cette décision.
 
Selon la plus haute juridiction administrative, l'arrêté préfectoral contesté par trois associations (Sauvons la vallée de la Dordogne, Sepanso Dordogne et La Demeure historique) avait «pour effet d'autoriser des travaux conduisant à la destruction de l'habitat d'espèces protégées et entraînant des conséquences irréversibles pour les individus de ces espèces». La semaine dernière, le rapporteur public du Conseil d'État avait recommandé cette suspension.
 
Le projet, porté par le président du conseil Départemental de la Dordogne Germinal Peiro (PS), consiste en la construction d'une déviation routière de 3,2 km, de deux ponts et d'un pont-rail pour un coût de plus de 30 millions d'euros. L'élu assure que le «contournement de Beynac» est censé résorber les bouchons qui paralysent, pendant la saison estivale, le centre-ville de cette petite commune nichée au cœur d'une des vallées les plus touristiques du Périgord, classée réserve de biosphère par l'Unesco. Dans son arrêt, le Conseil d'État relève que le «bénéfice attendu de cette déviation apparaît limité» eu égard aux travaux d'élargissement des voies déjà réalisés dans la commune et au fait que le trafic estival est essentiellement dû à l'importante fréquentation touristique.
 
L'animateur Stéphane Bern a salué, ce vendredi, «une belle victoire des défenseurs de l'environnement», et a accusé le président du conseil départemental de la Dordogne, Germinal Peiro, de s'être comporté en «potentat». «Les gens ont eu raison de se révolter» contre ce projet, a déclaré Stéphane Bern, rappelant qu'une écrasante majorité des habitants de la région y étaient hostiles. «C'est une belle victoire des défenseurs de l'environnement et aussi des amoureux de la Dordogne», a salué celui que le président Emmanuel Macron a chargé d'une mission pour la sauvegarde du patrimoine.
 
Il a vivement critiqué de nouveau l'attitude de Germinal Peiro : «Ce qui est terrifiant, c'est qu'il a continué à bétonner» entre la recommandation de suspension du rapporteur public et l'arrêt du Conseil d'État. «Il s'est discrédité», a-t-il fustigé, l'accusant de s'être comporté en «potentat local qui a fait pression sur les élus locaux». «J'espère qu'on va détricoter tout ce massacre», a-t-il dit.
 
Le projet cristallise depuis des années l'opposition des défenseurs de l'environnement comme ceux du patrimoine. Dans une première réaction, le collectif «Sauvons la vallée de la Dordogne» s'est déclaré «ravi». Cette décision «est une très bonne nouvelle pour la suite», quand le litige devra être tranché au fond par le tribunal administratif. «Cela va être très compliqué de tenir un argumentaire différent du Conseil d'État», a indiqué Timothée Gaget, en charge de la communication du collectif.

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