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Garges : Sept ans de prison pour avoir transmis le sida

Un homme de trente ans avait contaminé 4 jeunes femmes, leur cachant qu’il était séropositif. Il a été condamné jeudi soir à 7 ans de prison. Le parquet avait requis dix ans.
 
Il se savait contaminé par le sida mais enchaînait malgré tout les partenaires en leur cachant sa séropositivité. Soumaila, 30 ans, originaire de Garges, a été condamné jeudi soir à sept ans de prison par le tribunal correctionnel. Il a été reconnu coupable d’administration de substances nuisibles ayant entraîné une infirmité permanente, pour avoir contaminé des jeunes femmes. À l’audience, il a expliqué avoir agi dans le déni, se doutant qu’il avait le virus, mais sans cesser les relations ni se soigner.
 
Le tribunal correctionnel de Pontoise a également prononcé à son encontre un suivi socio-judiciaire. Il devra, à sa sortie de prison, pendant une période de trois ans, se soigner mais aussi indemniser les victimes. Il encourt deux ans de prison supplémentaire s’il ne suivait pas ces injonctions. Il a été enfin inscrit au fijais, le fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles.
 
Les avocats des quatre jeunes femmes qui se sont constituées partie civile dans le dossier ont demandé une expertise médicale afin d’évaluer le préjudice. Le volet civil du dossier sera jugé ultérieurement. Pour les avocats, l’affaire aurait pu être jugée aux assises.
 
L’enquête trouve son origine en août 2017 lorsqu’une adolescente de 15 ans franchit le seuil du commissariat pour porter plainte avec sa maman. Elle avait fait la rencontre de Soumaila en revenant de la boulangerie des Doucettes à Garges. Après quelques semaines, elle avait accepté des rapports sexuels réguliers dans sa voiture, des rapports qui n’était pas protégés. L’ado avait subi un IVG après s’être retrouvée enceinte, apprenant à cette occasion qu’elle avait été contaminée par le VIH.
 
L’enquête allait ensuite permettre de découvrir que le suspect, placé en garde à vue en janvier 2018, avait de multiples partenaires, des femmes de tout âge rencontrées notamment sur Internet via Tinder, Vivastreet ou Meetic. Trois autres jeunes femmes, également contaminées par le VIH, se sont constituées partie-civile. Pour elles aussi, le prévenu, père de deux filles de deux femmes différentes, a bouleversé leurs vies.
 
« Il est la première personne qui m’a dit je t’aime. Il y avait tellement d’amour. Il voulait des enfants, le mariage… Pour moi, franchement, c’était l’homme de ma vie. » S. se retrouve porteuse du virus du sida, en proie à de lourd problème de santé à la suite de sa contamination. Elle présente aujourd’hui un retentissement post-traumatique élevé et est suivie en psychothérapie.
 
Une autre jeune femme, qui sortait d’une longue relation, avait rencontré le prévenu sur Internet pour une rencontre sans lendemain. « Il se disait un corps sain, dans une tête saine. Je l’ai même vu prier. Il savait et il continue », confie C. « Le VIH, on vit avec tous les jours. C’est pour toute notre vie », confie la jeune femme très marquée par la contamination et qui présente, selon un expert, de nombreux troubles persistants. « Je l’ai vu 4 fois et il me condamne à vie. Et s’il est libéré, il continue ? », demande-t-elle à la barre du tribunal, évoquant « ces médicaments que je dois prendre tous les soirs et que je cache à mes amis lorsque je pars en vacances », les prises de sang, les répercussions dans la vie relationnelle et la culpabilité : « on s’en veut. »
 
Une autre jeune femme, en arrêt de longue maladie, qui va devoir abandonner son métier auprès des enfants, confirme dans un souffle, à la barre, sa tentative de suicide.

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