L’annonce de la baisse de 5 € des aides personnalisées au logement (APL), en plein cœur de l’été, avait suscité la colère des étudiants, qui comptent parmi les premiers bénéficiaires de cette mesure. Emmanuel Macron a appelé ce mardi, les propriétaires à baisser les loyers de ce montant.
Emmanuel Macron a appelé « tous les propriétaires à baisser les loyers de 5 € » par mois, pour compenser la baisse des APL décidée pour fin 2017 par le gouvernement, lors d’un discours devant les préfets mardi à l’Élysée.
« J’appelle publiquement tous les propriétaires à baisser les loyers de 5 € par mois », a déclaré le président de la République, qui s’est dit « surpris du silence collectif » et de l’absence d’appel « aux bailleurs sociaux, aux propriétaires à baisser le prix du logement ». « C’est cela la responsabilité collective », a-t-il dit.
Dans un entretien au Point paru la semaine dernière, Emmanuel Macron envisageait d’aller au-delà de la baisse controversée de 5 € des APL « mais seulement dans le cadre d’une transformation profonde qui doit faire baisser les loyers ».
« Évidemment que ce n’est pas intelligent, c’est une mesure de rabot, les mesures de rabot ce n’est jamais de bonnes mesures, (ce n’est) jamais intelligent de faire du rabot », a pour sa part déclaré Edouard Philippe le 24 août sur BFMTV.
Mais pour le Premier ministre, « la baisse générale des APL est contenue dans le budget précédent, que je n’ai pas voté mais que j’exécute ».
« Dans le Nord, je connais beaucoup de propriétaires qui ont décidé de baisser de cinq euros le montant du loyer », a de son côté récemment déclaré le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, également maire de Tourcoing (Nord), dans un entretien à la Provence.
Les aides personnelles au logement bénéficient au total à 6,5 millions de ménages français, dont beaucoup d’étudiants (environ 800 000), et coûtent 18 milliards d’euros par an au budget de l’État.
Les représentants des locataires ne s'attendent pas à voir cet appel suivi d'effet. « Je crois que c'est complètement illusoire », a déclaré à l'AFP Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement (CNL), qui a lancé une pétition pour protester contre la diminution des aides et réclame leur revalorisation.
« Je préfèrerais que M. Macron signe un décret pour appliquer l'encadrement des loyers partout(...) ça ce serait efficace », a-t-il ajouté.
De leur côté, les professionnels de l'immobilier ne prévoient pas de relayer l'appel.
« Il y a déjà un effort qui a été fait de la part des bailleurs », a affirmé à l'AFP Géraud Delvolvé, délégué général de l'Union des syndicats de l'immobilier (Unis), évoquant une « tendance générale à la baisse » des loyers en France.
« On pense que c'est absurde, contre-productif et discriminant parce qu'on pénalise les propriétaires », a protesté de son côté Jean Perrin, président de l'Union nationale de la propriété immobilière (Unpi).
« En revanche, on a dit au président de la République qu'on est prêts à discuter d'une modération des loyers mais à condition qu'on simplifie les rapports locatifs et qu'on revoie la fiscalité », a-t-il précisé à l'AFP.
D'un côté comme de l'autre, les organismes déplorent l'absence de consultation avant les annonces concernant les APL. Mais surtout, elles demandent des mesures de fond et une réflexion sur l'ensemble du secteur immobilier.