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Grande distribution : Entre Carrefour et Casino, une partie de poker menteur

Grande distribution : Entre Carrefour et Casino, une partie de poker menteur
Le groupe Casino affirme avoir été sollicité par Carrefour « en vue d’une tentative de rapprochement » mais son rival dément et menace de riposter, face à « ces insinuations inacceptables ».
 
Un drôle de duel a débuté entre deux géants de la grande distribution en France. Le groupe Casino a tiré le premier, en affirmant, dans un communiqué diffusé dans la nuit de dimanche à lundi, avoir été « sollicité depuis quelques jours par Carrefour en vue d’une tentative de rapprochement ».
 
Casino dit avoir réuni son conseil d’administration, dimanche 23 septembre, pour étudier cette proposition. Mais les administrateurs ont « décidé à l’unanimité de ne pas donner suite à cette approche », a ajouté Casino, se disant déterminé à « mener toutes les actions nécessaires pour défendre l’intérêt social et l’intégrité du groupe ».
 
L’entreprise a en outre dit observer que ces manœuvres avaient lieu « alors que le marché du titre Casino a fait l’objet de manipulations spéculatives coordonnées à la baisse d’une ampleur inédite depuis plusieurs mois ».
 
La réponse de Carrefour est intervenue quelques heures plus tard, dans un communiqué en forme de démenti. Carrefour s’étonne « que l’on ait soumis au conseil d’administration de Casino une proposition de rapprochement qui n’existe pas ».
 
« Les difficultés auxquelles sont confrontées le groupe Casino et son actionnaire de contrôle ne peuvent justifier des communications intempestives, trompeuses, et dénuées de tout fondement », a ajouté l’entreprise.
 
Carrefour prévient qu’il va examiner « les voies de droit à sa disposition à même de faire cesser ces insinuations inacceptables ».
 
Qui croire ? Carrefour ou Casino ? Alors qu'une source gouvernementale a déclaré n'« être au courant de rien », deux sources proches du dossier affirment que les deux PDG « Jean-Charles Naouri et Alexandre Bompard se sont vus chez un tiers le 12 septembre ».
 
Un expert de la grande distribution, estime, sous couvert d'anonymat, qu'« on ne convoque pas un conseil d'administration sur la base de rumeurs donc, c'est qu'il y avait quelque chose de sérieux. Je ne vois pas l'intérêt d'inventer un truc comme ça, ni de la part de Carrefour qui n'a pas les moyens d'acquérir une telle cible, au capital complexe, ni de la part de Casino qui venait tout juste de rassurer les marchés sur son financement ».
 
Pour Yves Marin, consultant au sein du cabinet Bartle, « il est possible qu'il s'agisse d'un ballon d'essai de Casino pour tester le marché. Mais s'il y a eu effectivement réunion extraordinaire du conseil d'administration, ce n'est pas rien. Cela montre bien que le secteur est fébrile, et est en cours de recomposition et reconcentration. Tout le monde discute avec tout le monde, les distributeurs discutent entre eux mais aussi avec Amazon ou Microsoft. »
 
Ces développements interviennent alors que ces deux mastodontes français de la distribution traversent des passes difficiles et se réorganisent.
 
Début septembre, l’agence de notation Standard and Poor’s avait abaissé d’un cran la note de Casino à « BB » assortie d’une perspective négative, en raison de la forte dette du groupe, qui a réaffirmé ses objectifs de profitabilité et de désendettement.
 
Casino, qui a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 37,8 milliards d’euros, vise d’ici à fin 2018 une réduction de sa dette financière nette en France de l’ordre d’un milliard d’euros, « par autofinancement et grâce au produit des cessions d’actifs ».
 
Au cours du premier semestre 2018, Casino a réduit sa perte nette à 67 millions d’euros et affiche un bénéfice (en données ajustées) à 48 millions.
 
Pour sa part, Carrefour, dont les ventes ont atteint l’année dernière 88,2 milliards d’euros, a enregistré une lourde perte au premier semestre, de 861 millions d’euros, conséquence des coûts de son plan de transformation annoncé en janvier par le PDG Alexandre Bompard, arrivé il y a un an à la tête du groupe.

Source Ouest-France

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